Génération Nationale dénonce l'accord de libre-échange UE-Canada

Bribe_Foreign_5.25430(L)

Faisant suite à la fuite allemande qui révèle au grand jour l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, Génération Nationale, un groupe politique notamment dédié à la défense de l’état-nation, s’élève contre le traité, désignant celui-ci comme antidémocratique et nuisible au Québec.

L’organisation soutient que le document confirme les appréhensions à l’effet que les intérêts du Québec sont mis de côté au profit du Canada, notamment en laissant l’industrie laitière québécoise subir un tort économique irrémédiable et en permettant aux multinationales de poursuivre un État en toute impunité.

Elle affirme que le Canada, en acceptant de doubler le quota de fromages européens admis sans droits tarifaires, vient attaquer de plein fouets les intérêts du Québec – le Québec produit la moitié des fromages canadiens faut-il souligner- et nier l’application de l’exception culturelle telle qu’elle avait été promis. « Ottawa a non seulement sacrifié le fromage du Québec au profit du boeuf de l’Ouest canadien », soutient le président de Génération Nationale, Simon-Pierre Savard-Tremblay.

M. Savard-Tremblay rajoute : « La lecture du chapitre portant sur la protection des investissements est éloquent. Il s’agit d’une poursuite de l’idéologie émanant du controversé chapitre 11 de l’ALÉNA qui permet aux grandes entreprises d’écraser juridiquement les collectivités locales si ces dernières ont une législation non-profitable à la poursuite de leurs activités. C’est odieux et irresponsable. »

« La culture n’est pas exemptée de manière globale malgré la promesse d' »exception culturelle ». On a préféré l’approche « par chapitre ». Le flou est ainsi encore une fois entretenu sur la plupart des concepts, comme c’est le cas avec la plupart des accords de libre-échange. Les grands avocats se feront un plaisir d’interpréter la chose »

De l’avis de Génération Nationale, le plus choquant demeure que ce partenariat commercial d’envergure ait été élaboré sans que les Québécois n’aient été consultés d’une quelconque façon. « Tout s’est négocié dans le plus grand secret. On laisse ainsi l’impression qu’il s’agit d’un débat abstrait et éloigné des préoccupations des gens alors que les conséquences concrètes sont immenses. » de lancer M. Savard-Tremblay.

« La réalité est la suivante : au nom de la libéralisation des marchés, on vient limiter l’innovation et la prospérité de nos petites et moyennes entreprises; de même qu’au nom de la globalisation, il y a négation de la démocratie. », poursuit-il.

Au-delà des répercussions économiques négatives sur l’industrie laitière québécoise, Génération Nationale s’inquiète particulièrement des impacts de la prolongation des brevets des grandes compagnies pharmaceutiques et de l’accès des compagnies étrangères aux services publics, Hydro-Québec en première ligne.

« Le gouvernement a beau répéter qu’il dédommagera tous et chacun d’éventuels effets négatifs, on connait la chanson, il n’y a pas d’obligation formelle. Ce n’est pas vrai que toutes les provinces tireront un avantage de cet accord comme l’a affirmé M. Harper, très peu le feront et certainement pas le Québec dans l’état actuel des choses! », renchérit le président.